Tout commence au bord de l'eau, sur les rives de la Meuse, au Quai de l'Hôpital (actuel Quai Albert 1er). C'est ici, au domicile de son grand-père
Léopold Émile Poirier à Mézières, que
François Hussenot voit le jour en 1912.
Il est né d'un père,
Henri Auguste Hussenot, notaire à Rocroi, et de
Jeanne Poirier, future conseillère municipale à Mézières. Elle est la sœur de
Georges Poirier, le Résistant
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François Hussenot et Paul Idrac, les pères du "Hussenographe" (vers 1939) Source : Revue Pionniers (Gallica BNF) |
Ce destin né à Mézières mène l'enfant du quai vers les sommets de l'État. Admis à l'École Polytechnique en 1930, il complète son parcours à l'école de Versailles pour décrocher son brevet de pilote, avant d'être diplômé ingénieur à Supaéro.
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| François Hussenot est né Quai de l'Hôpital (actuel Quai Albert 1er) à gauche de la photo. |
1935 à 1939, au Centre d’essais de Villacoublay, il consacre ses recherches à la mise au point d’un enregistreur de vol performant. À l'époque, les pilotes devaient noter les paramètres à la main ou utiliser de vieux appareils à stylet peu précis
Hussenot invente le
Hussenographe. Le principe est révolutionnaire : des miroirs minuscules couplés aux instruments projettent des faisceaux lumineux sur une pellicule photographique. Le boîtier doit être peint en noir et parfaitement étanche à la lumière pour ne pas voiler la pellicule, d'où le nom mythique de "
Boîte Noire".
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| Le prototype de 1935. L'enregistreur photographique de laboratoire Beaudouin, version équipée du miroir de focale 500 mm. On distingue le moteur électrique extérieur entraînant la bobine de papier photographique. (Document Gondet-Beaudouin). |
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L'enregistreur intégré (La véritable "Boîte Noire")« Ensemble des composants de la chaîne de mesure des accélérations (Document Gondet-Beaudouin). »
Ici, l'invention franchit une étape cruciale : tout le laboratoire est désormais réuni dans une seule "boîte" robuste. C'est cet appareil, capable de mesurer les forces extrêmes subies par l'avion, que François Hussenot a imposé comme le nouveau standard de la sécurité aérienne mondiale. |
Pour protéger ses brevets et imposer sa vision, il co-fonde la SFIM (Société de Fabrication d'Instruments de Mesure). Convaincu de la supériorité de sa technologie, il n'hésite pas à casser de vieux appareils de l'ancienne technologie lors de tests pour démontrer que seule sa méthode survit aux crashs et donne des preuves indiscutables.
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| L'enregistreur photographique de laboratoire Beaudouin, version équipée du miroir de focale 500 mm. On distingue le moteur électrique extérieur entraînant la bobine de papier photographique. (Document Gondet-Beaudouin). |
Lors de missions aux États-Unis et en Grande-Bretagne, il réalise avec stupeur que même ces grandes puissances ne sont pas au courant de cette avancée. Il revient avec la certitude que la France a une longueur d'avance. Cette petite société
SFIM grandira pour devenir aujourd'hui un pilier du groupe
Safran, leader mondial de l'aéronautique. Un géant qui, aujourd'hui, assure la précision des missiles de la
force de dissuasion française et l'intelligence technologique du
Rafale."
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Enregistrement d’un looping complet à bord d’un Dewoitine 520 (1950)Source : Revue Pionniers (Gallica BNF) |
Ancien de Polytechnique (X1930), il fonde en 1946 l'EPNER sur la base aérienne 125 d'Istres. Plus qu'une simple école, il crée un véritable sanctuaire de l'excellence aéronautique française en zone Secret Défense. Dans ce centre d'élite, François Hussenot impose une méthode unique au monde : former des "hommes-orchestres", capables d'être à la fois des pilotes d'exception bravant le danger sur des prototypes, des ingénieurs d'analyse et des chercheurs de solutions techniques
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Installation d’essai du NC 702 (Siebel) N° 136 (vers 1950) Source : Revue Pionniers (Gallica BNF) |
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L'enregistreur de vol Hussenographe type A.12 (modèle de série) Source : Revue Pionniers (Gallica BNF) |
Le 10 juin 2002, plus d'un demi-siècle après le drame, les familles des victimes de l'accident du 16 mai 1951 se sont réunies pour un hommage solennel sur les lieux du crash, dans les contreforts des Monts de Lacaune.
Dans le silence de la montagne, une voix profonde s’est élevée au-dessus de l'arête. Anne-Laure Hussenot, la petite-fille de l'ingénieur, a chanté le Pie Jesu du Requiem de Gabriel Fauré. Ce chant sacré est venu rejoindre, à travers le temps, les dernières paroles désespérées prononcées cinquante ans plus tôt par le sergent-chef radio Robert Moreau :
« Nous sommes en pleine crasse »
Stèle du 29,Avenue d'Arches (Charleville-Mézières)
Plaque commémorative, située au 29 avenue d'Arches, est le cœur de la mémoire de François Hussenot dans sa ville natale
COLONEL FRANÇOIS HUSSENOT
INGÉNIEUR EN CHEF DE L'AIR
TUÉ EN SERVICE COMMANDÉ
LE 16 MAI 1951
À L'ÂGE DE 39 ANS
Il laisse derrière lui son épouse Yvonne (37 ans) et neuf enfants orphelins, âgés de 14 ans à seulement 6 mois. La fraternité du monde de l'aviation fut alors immense : Jean Idrac accepta de devenir le tuteur légal des neuf enfants Hussenot jusqu'à leur majorité, épaulé par des associations comme "Les Ailes Brisées".
- Note de lien généalogique :
L’alliance entre les familles Poirier et Hussenot est attestée par les registres d’état civil des Ardennes.
Georges Poirier est le beau-frère d’Henri Arthur Hussenot (père de l'inventeur François Hussenot).
Cette parenté directe explique la proximité historique de ces deux lignées au sein du paysage industriel et aéronautique de Charleville.
Albert Poirer et François Hussenot sont donc cousin.
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© 2026 – Tous droits réservés. Ce texte est une œuvre originale issue de recherches documentaires exclusives, s'appuyant sur des fonds d'archives privés, les Archives Départementales des Ardennes et Gallica (BnF). Toute reproduction, même partielle, sans l'autorisation expresse de l'auteur est strictement interdite sous peine de poursuites (Art. L.122-4 du Code de la Propriété Intellectuelle).)
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