André Poirier : le formateur ardennais de la 80 OTU (Unité d'Entraînement Opérationnel) qui devait reconstruire l'Armée de l'Air

  De l'évasion audacieuse par les côtes bretonnes aux missions de combat de la RAF, découvrez le destin hors norme d'André Poirier. Ce jeune Ardennais, fils du résistant Georges Poirier, est devenu l'un des piliers de la reconstruction de l'aviation française au sein de la prestigieuse 80 OTU. Un récit inédit, entre sacrifice familial et expertise technique, sur les pistes glacées du Northumberland






  Le destin d'André Poirier commence au 13 route de Mohon (actuelle avenue du 91e R.I.), au domicile de ses parents à Mézières. Son père, l'ingénieur Georges Poirier, ne se contenta pas de subir l'Occupation : il transforma la maison familiale en base d'opérations pour les transmissions clandestines vers Londres. 




Alignement de Spitfire Mk.XVI de la No. 80 (French) OTU sur le terrain herbeux de RAF Ouston, hiver 1945. On distingue les codes d'identification 3H-E et 3H-J



     En 1942, André et ses deux amis de Charleville, Pierre Tumers et André Voirin, rejoignent la Bretagne. Ils sont cachés par Lucienne Cloarec au 7 quai de Léon à Morlaix, sous le nez de la Feldgendarmerie située au numéro 9. C'est depuis les rochers de Trégastel, entassés sur une barque de pêche, qu'ils rejoignent l'Angleterre pour devenir les ailes de la France Libre.



  Ce fragment d'histoire, extrait des notes de Lucienne Cloarec (future Madame Verrier), authentifie le passage d'André Poirier par la filière bretonne en 1942. On y lit l'incroyable courage de ces femmes qui cachaient les futurs pilotes des FAFL au 7 quai de Léon à Morlaix, à quelques mètres seulement de la Feldgendarmerie ennemie



Source : Archives numérisées de la
 presse quotidienne régionale (Fonds Gallica - BNF)
.





Les visages de l'espoir : Octobre 1941 André Poirier (ici au sein de la 3e brigade d'instruction) pose sous l'uniforme des Forces Aériennes Françaises Libres. C'est l'époque des premiers pas en Angleterre, bien avant les missions de combat et son rôle crucial de formateur à la 80 OTU. On y devine la détermination de ces jeunes volontaires qui, comme André, ont tout quitté — du 13 route de Mohon aux côtes bretonnes — pour rejoindre la RAF et libérer la France.

Crédit photo : Archives de la Fondation de la France Libre / Amicale des FAFL (Fiche matricule n°110130).






   Le parcours d'André est une odyssée mondiale, de sa formation de pilote aux États-Unis jusqu'à son retour comme chasseur de la RAF. Sa treizième mission manque de lui être fatale : abattu près de Saint-Omer, blessé à la tête, il parvient à rejoindre sa famille grâce à l'intervention de son père. Mais le répit est court. André repart, échappe à la Gestapo à Paris dans une fusillade nocturne, et finit par être arrêté la veille d'une opération audacieuse qu'il avait montée pour délivrer Georges de la prison de Fresnes. Déporté en Lituanie au camp de Memel (aujourd'hui Klaipėda), il s'évade, traverse les lignes russes et rentre par Odessa.





André Poirier







André Poirier



  En mai 1945, après avoir retrouvé les siens, il choisit de repartir en Angleterre, sur la base de RAF Ouston, dans le comté du Northumberland. Il n'est plus un simple pilote : il est sélectionné comme formateur d'élite au sein de la 80 OTU (Operational Training Unit). Cette unité, dont on voit les Spitfire Mk.XVI sur les photos, était chargée de former les meilleurs éléments français pour la reconstruction de l'Armée de l'Air. Mais Ouston est une base redoutable, connue pour ses pistes difficiles qui ont coûté la vie à de nombreux pilotes durant cette période de formation intensive.



La topographie du défi : Carte technique de l'Air Ministry (années 40) montrant la base de RAF
Ouston (Tyneside). On distingue nettement la configuration complexe des trois pistes sécantes
 (Hard runways), formant une croix technique au cœur du Northumberland. C'est sur ce
terrainde chasse exigé par la Nation, situé entre Ouston et Nesbitt Hill, qu’André Poirier
 s’exerçait au quotidien sur Spitfire Mk.XVI avant son tragique accident du 16 décembre 1945.
Une carte qui témoigne de l'environnement de formation impitoyable de la 80 OTU.







La base de RAF Ouston
(Northumberland, Angleterre)






Sentinelle du Northumberland : La tour de contrôle de type 'Fort' (Air Ministry pattern 12779/41) de RAF Ouston. C'est depuis ce poste de commandement que les officiers régulaient le ballet incessant des Spitfire Mk.XVI de la No. 80 (French) OTU. (Source iconographique : Archives techniques de la RAF)
Gros plan sur la dérive et le fuselage d'un Spitfire de la 80 OTU, avec les codes 3H et la lettre individuelle F]


  C'est dans ce contexte de danger permanent qu'André trouve la mort en service commandé le 16 décembre 1945, alors qu'il devait rentrer à Mézières pour Noël. Ce sacrifice clôt l'histoire tragique des Poirier : André meurt en préparant l'avenir de l'aviation française, rejoignant son père Georges, mort sous la torture à la prison de Charleville, située sur l'ancienne place Carnot (aujourd'hui place Winston Churchill), deux jours seulement avant le débarquement. Aujourd'hui, si le boulevard Georges Poirier honore le père à Charleville, ce récit rétablit la place d'André, l'expert de la 80 OTU, dans la mémoire des Ardennes.












ASPIRANT ANDRÉ POIRIER

1923 — 1945

MORT POUR LA FRANCE

En service commandé le 16 décembre 1945 — Ouston (Angleterre)





              


-  André  Poirier est le fils de Georges Poirier

-  Il est fascinant d'imaginer les échanges entre ces deux hommes. 

André Poirier domptait la puissance brute des Spitfire Mk.XVI au sein de la 80 OTU à Ouston (Grande-Bretagne) pour reconstruire les ailes de la France, François Hussenot,sont cousin, lui, cherchait déjà à "écrire le vol" pour le rendre plus sûr.







-  Article du journal "L'Ardennais" du mercredi 26 décembre 1945 

-  Article du journal "L'Ardennais" du samedi 17 et dimanche 18 mai 1947

-  Base de RAF Ouston (Northumberland, Angleterre)


-  Acte de Naissance

-  Décès




© [2026] -Ce récit, fruit de recherches inédites basées sur les archives de la famille Poirier et les registres de la 80 OTU, est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, sans mention de la source et lien direct vers ce blog est strictement interdite





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