La Guillotine de Mézières Saison 2, Épisode 1 : Bain de sang à Monthermé



   Frédéric Paul Édouard DELACOURT n’est pas venu pour discuter. Cet ancien prisonnier du pénitencier militaire de Coléa, en Algérie, est un homme rompu à la violence. En s'introduisant par une fenêtre pour atteindre le grenier de la maison familiale, il a déjà choisi son arme : un marteau de terrassier. Un outil lourd, fait pour briser la pierre, qu'il va détourner pour massacrer sa propre chair. Là, tapis dans l'obscurité sous le toit, il a attendu patiemment que la maison s'endorme et que le silence s'installe pour descendre commettre l'irréparable.


📷 Illustration : Monthermé, quartier de la Longue Haie. > (Source : Archives départementales des Ardennes, licence ouverte de réutilisation d’informations publiques - Délibération du 2 février 2018


 09 juillet 1913, 23h30. Le silence de la nuit est déchiré par les hurlements d'Isabelle, 13 ans. Delacourt frappe le premier coup dans l'obscurité. Elle hurle sa détresse : « Maman ! Maman ! ». Eugénie Sury se rue dans la chambre pour sauver son enfant. Delacourt est en pleine furie. Isabelle s'effondre. Eugénie devient la cible d'un acharnement bestial : elle reçoit plus de vingt coups de marteau. Le sang de la mère de ses enfants macule les murs.


  Tout avait basculé quelques jours plus tôt, le 2 juillet 1913. Alors qu'Eugénie était affaiblie par sa dernière grossesse, elle avait surpris l'insupportable : les "assiduités" écoeurantes de Delacourt envers Isabelle. Après un attentat sexuel violent sur l'adolescente, elle l'avait chassé. Sur le seuil, il avait lancé : « Tu t'en souviendras ! ».


   Réfugié à Warcq chez son frère Paul, Delacourt prépare son coup. Il se rend d'abord à Charleville chez un sieur  Émile Bokles . Il lui montre un revolver et cherche à acheter des cartouches. Bokles parvient à l'en dissuader, mais Delacourt continue de proférer les plus violentes menaces de mort. Inquiets, Paul Delacourt et sa femme courent à Monthermé pour prévenir Eugénie et lui conseillent de porter plainte. Mais le tueur est déjà en route. À Warcq, il a même remis un premier revolver à son frère en feignant le remords : « Prends cela, je serais capable d'un crime ! ». Une manipulation glaciale. Aussitôt l'arme confiée pour endormir les soupçons, Delacourt se met en mouvement vers Monthermé avec une détermination de prédateur. Arrivé sous le couvert de la nuit devant sa demeure, il ne tente pas d'entrer par la porte. Il contourne la bâtisse, scrute les façades et entreprend une escalade silencieuse. Il grimpe sur le toit, atteint une fenêtre du grenier et s'y glisse avec l'agilité sombre. Une fois à l'intérieur, il ne bouge plus. Il se terre parmi les ombres, sous la charpente, écoutant les bruits de vie de sa famille juste sous ses pieds. Il attend que les lumières s'éteignent, que les respirations deviennent régulières et que le sommeil rende ses victimes impuissantes. Alors que les enfants sont couchés et endormis, Delacourt sort de sa cachette. Armé de son marteau,


   Après le massacre des femmes, Delacourt se tourne vers son fils, le jeune Gaston, 9 ans. Il le saisit à la gorge, lui serre la bouche pour étouffer ses cris et le traîne de force dans la cave. Il barricade la porte, laissant l'enfant seul avec l'horreur. Mais le petit Gaston est un héros : il s'extrait par un étroit soupirail, franchit une haie et court se réfugier chez les voisins, les époux Thémans Georges et Jeanne.


 À 6 heures du matin, le tueur est déjà de retour à Warcq, chez son frère Paul. Il vient chercher ses affaires pour sa fuite. Froidement, il lâche son aveu final :

 « Je l'ai foutue en bas ! ... Donne-moi le pantalon, le paletot que j'ai laissés... les gendarmes sont à mes trousses, je me sauve en Belgique. »







  

🛡️ Note Anti-Plagiat

[Note de l'auteur : Ce récit historique exclusif est le fruit des recherches de "Échos des Ancêtres Ardennais". Il croise les registres d'état civil, les archives de la presse locale de 1913, ainsi que les dossiers criminels d'époque. L'identification des protagonistes (Delacourt, Sury, Bokles), les détails de l'infiltration par le toit à Monthermé et les aveux recueillis à Warcq sont protégés. Toute reproduction sans mention de la source sera signalée.]


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