Le Scandale Félix Faure à Balaives-et-Butz : La maîtresse du Président et son protecteur ardennais




 Ils l'appelaient "La Pompe Funèbre" ou "La Veuve Rouge". Elle était la maîtresse d'un Président de la République, mais elle a trouvé son soutien le plus noble ici, à Balaives-et-Butz. Derrière le calme de notre village se cache l'un des plus grands scandales de la Belle Époque. Au centre de cette tempête : Maurice Borderel.


Un amour de tous les dangers


On connaît Maurice Borderel pour sa "rude écorce", son rôle de fabricant de draps à Sedan, sa ferme modèle à Butz et son combat pour l'électrification en tant que Maire de Balaives-et-Butz. Mais cet homme de terre était surtout éperdument amoureux de Marguerite Steinheil. Un amour si fort que, pour l'accusation, il est devenu le mobile d'un crime atroce.


Le secret de l'Élysée : "Il voulut être César..."



Avant de connaître Borderel, Marguerite était la maîtresse du Président Félix Faure. Leur liaison s'est terminée par un drame national à l'Élysée en 1899 : le Président meurt d'une congestion cérébrale en plein ébat. L’esprit cinglant de Georges Clemenceau lancera alors sa célèbre pique :


« Il voulut être César, il ne fut que Pompée »


C’est suite à cet événement qu’on affubla Marguerite du surnom macabre de "La Pompe Funèbre".


Un plan machiavélique pour un mariage ?




En 1908, le scandale redouble : le mari de Marguerite et sa mère sont retrouvés étranglés. L'enquête suggère un calcul terrifiant : Marguerite aurait voulu se débarrasser des siens pour devenir libre, riche, et pouvoir enfin épouser Maurice Borderel afin de devenir la châtelaine de notre village.



Une probité exemplaire face à l'infamie


Là où tout le monde voit une meurtrière, notre maire, Maurice Borderel, ne voit que la femme qu'il aime. Bien que l'accusation tente de le salir pour étayer sa thèse, Maurice Borderel est totalement innocent et étranger à ces horreurs. Homme d'honneur, il refuse d'abandonner Marguerite dans la tempête. Il finance sa défense et engage le célèbre Maître Aubin. En 1909, après un procès retentissant qui passionne la France entière, elle est acquittée.


De Balaives à la noblesse anglaise


Marguerite fuit finalement la France pour l'Angleterre, où elle devient Lady Abinger en 1917. Celle qui aurait pu être l'épouse du maire de Balaives finit sa vie dans la haute noblesse britannique, s'éteignant en 1954 à l'âge de 85 ans.



Maurice Borderel, né le 8 octobre 1858 à Beaune et décédé le 20 novembre 1924 à Balaives-et-Butz, s'est éteint fidèle à sa terre ardennaise. Il resta jusqu'au bout cet homme intègre et ce maire dévoué qui fit face au scandale avec une dignité remarquable.







Sources :Gallica


10/10/2026. Travail de recherche, d'analyse et d'indexation originale réalisé par Echos des ancêtres Ardennais. Ce contenu exclusif est issu du dépouillement de sources variées (archives départementales, presse ancienne, chroniques judiciaires et documents d'époque). Toute reproduction, même partielle, sans mention de la source est strictement interdite






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