L'Ardennais qui voulait bâtir le Paradis : l'incroyable odyssée américaine de Nicolas Augustin Henrot

 Rencontre avec un Ardennais parti rêver en Amérique… bien avant les États-Unis que l'on connaît !

Rencontre avec un Ardennais, Nicolas Augustin Henrot, né le 2 mai à Charleville, décédé le 21 novembre 1888 dans la même ville : un cordonnier républicain passionné, un vrai idéaliste qui a mené une existence digne des plus belles pages d’aventure !




Après la Révolution de 1848 et les illusions brisées de la IIe République, il est condamné à l’exil. Direction l’Amérique… mais pas celle qu’on connaît aujourd’hui.




On parle des années 1840-1850 : pas encore de voie ferrée qui traverse le continent, pas de Guerre de Sécession, une Amérique encore en pleine conquête de l’Ouest, sauvage, immense, pleine de rêves et de promesses utopiques.

.


Il embarque dans l’élan d’Étienne Cabet et de son projet icarien : une société idéale, égalitaire, sans argent ni clergé… Les Icariens tentent l’aventure en fondant des colonies au Texas, puis en Illinois (à Nauvoo). Beaucoup d’espoirs s’effondrent vite : disputes, maladies, climat difficile. Nicolas Augustin est de ces pionniers qui y croient et qui essaient vraiment – un mélange d’exil forcé et de quête d’un monde meilleur.





Après vingt-huit ans d'exil, il revient en France, il obtint une pension de 1,200 francs alloués sur les fonds votés pour les victimes du Deux-Décembre . De retour dans les Ardennes, il reprend sa vie sans baisser les bras : il est embauché au journal Le Petit Ardennais comme employé (correcteur ? ouvrier d’imprimerie ?), et il y reste jusqu’au bout, avec « zèle et intelligence » selon le bel hommage qui lui est rendu à sa mort.



Il crée aussi la Société de Libre Pensée ardennaise à Charleville : un lieu de rencontre pour les libres penseurs, les anticléricaux et les républicains les plus engagés.




En 1888, à 78 ans, il s’éteint. Obsèques civiles, bien sûr. Et dans son journal, un article touchant : « Il a vécu en républicain et il est mort en républicain. » Un homme du peuple qui a cru dur comme fer à un avenir plus juste, des deux côtés de l’Atlantique.



Un Ardennais de Charleville qui a marché sur cette Amérique encore « frontière », utopique, bien avant qu’elle ne devienne la puissance qu’on imagine aujourd’hui…
Qu’a-t-il vu, ressenti, ramené dans ses valises ?












Sources :



-  10/10/206. Travail de recherche, d'analyse et d'indexation originale réalisé par Echos des ancêtres Ardennais. Ce contenu exclusif est issu du dépouillement de sources variées (archives départementales, presse ancienne, chroniques judiciaires et documents d'époque). Toute reproduction, même partielle, sans mention de la source est strictement interdite







Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Le Drame de Montcornet (1882) : L'Affaire Marie Célina Gérard et la Traque de Blaise Pelaud - Destins Judiciaires- Volume 2-Volet 1

La dynastie Bouxin : Maîtres papetiers de Neuville-lès-This (La papeterie dans les Ardennes - Volume 1 -Volet 2)

La Guillotine de Mézières -Saison 1 - Épisode 1 : Le Crime d'Autry (1885)